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Un
peu d'histoire.
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Il est permis de penser, que dès la préhistoire, des peuplades se sont installées sur le plateau calcaire qui domine la vallée de l'Alzon. Elles disposaient là d'un poste d'observation facile à défendre, d'un climat salubre, d'un accès relativement facile aux basses terres bien irriguées et aux sources d'eau pure. Uzès apparait la première fois dans l'histoire en 506 de notre ère sous le nom d'"Ucetia". Dès leur arrivée au pays des Volsques Arécomiques, les Romains comprennent en effet l'intérêt de cette position clef et installent sur le plateau un camp, le "Castrum Ucetiense" autour duquel ne tardent pas à se fixer des populations civiles. L'agglomération ainsi créée répond à un double but: disposer d'un relais administratif et militaire de la capitale "Némausus" Nimes, que la délicate traversée des gorges sinueuses du Gardon rendait plus lointaine et assurer la protection de la Fontaine d'Eure. C'est de là en effet que partait un aqueduc de cinquante kilomètres construit sur ordre de l'empereur Auguste aux environs de l'an 20 de notre ère pour alimenter Nimes en eau potable. Après deux siècles de paix romaine, le pays subit tous les maux de notre histoire nationale: Invasion des Vandales au IVe siècle; Guerre de Cent Ans, marquée par les exactions des "Grandes Compagnies"; ravages engendrés par une effroyable épidémie de peste en 1348. Il faut aussi souligner que l'Uzège a été profondément affectée par les conflits religieux qui ont longtemps laissé des traces. C'est d'abord la guerre des Albigeois qui aboutit en 1177 à la destruction de la Cathédrale. Plus tard au XVIe siècle, cinq guerres de religion opposent catholiques et protestants. Et quand l'ordre public semble être rétabli, la "Guerre des Camisards" vient encore en 1702 ensanglanter la région. Malgré ces troubles, entrecoupés de longues périodes de paix civile, un ordre local a fini par s'instaurer à l'ombre du pouvoir royal. Il repose sur la triple autorité de l'évêque, du duc et de la Municipalité. En effet si puissants que soient l'Evêque et le Duc, ils doivent composer avec un troisième force : le Consulat, établi dès 1200 à Uzès ( avec la complicité d'un évêque diplomate qui savait jouer sur tous les travaux ) afin de permettre aux bourgeois d'affirmer leur personnalité dans un système féodal trop rigide. Philippe VI consacre cette institution par une charte octroyée en 1346. Ce texte, rédigé en langue romane et conservé à l'hôtel de ville, détaille les "droits, privilèges, honneurs et dignités" des quatre consuls qui sont nommés par le peuple, mais qui doivent recevoir l'aval du souverain. Ces dignitaires portent " robe rouge et chaperon". Au cours des siècles ils ont fini par constituer un véritable contre-pouvoir. La révolution a entrainé avec la suppression de l'évêché en 1790 la réforme des structures, de nombreux changements dans le comportement des Uzétiens, mais des siècles de particularisme local ne s'effacent pas si facilement...
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Extrait du livre "Uzès
Autrefois" de Pierre Mazier Editions Christian Lacour à
Nimes
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