La Maison de Crussol d'Uzès.

 

La maison de Crussol est originaire du comté de Crussol en Vivarais. Cette lignée est suivie depuis Géraud-Bastet I, en 1110. Son fils, Jean Bastet épouse Béatrix de Poitiers. La famille de Crussol connait une ascension importante au XVe Siècle. Dans le clergé, elle s'illustre avec Giraud, archevêque de Tours, patriarche d'Antioche, évêque de Valence et de Die, mort en 1472. A la cour, Louis de Crussol est chambellan de Louis XI et grand pannetier de France en 1461. Il devient gouverneur du Dauphiné en 1473 , sénéchal de Poitou et général d'artillerie de France. Il s'allie à Jeanne de Lévis-Florensac, fille unique de Philippe et Isabeau de Poitiers. Leur fille Louise, épouse en 1478, François de la Rochefoucaud. Leur fils Jacques, s'allie en 1486 à Simone, vicomtesse d'Uzès. C'est de leur union que descendent les ducs d'Uzès. Leur fils Charles, vicomte d'Uzès est conseiller et chambellan du Roi en 1533. Il se marie avec Jeanne de Genouillac d'Acier fortement imprégnée des idées réformées. Veuve, elle épouse le comte palatin Jean Philippe Reingrave.
Son fils Antoine, devient le premier duc d'uzès en 1565 et pair de France en 1572. La particularité de l'élèvation ducale réside dans une clause annexe: si les frères de Crussol décèdent sans enfants mâles le duché revient à la couronne en tant qu'apanage. L'apanage est une terre donnée par le Roi à ses fils ou frères puînés, en compensation de la couronne réservée à l'aîné. La décision royale est approuvée par le Parlement de Paris le 3 mars 1572. Antoine, premier duc, épouse Louise de Clermont-Taillard et meurt sans postérité. Son frère, Jacques, calviniste, recueille donc la succession et les titres. Converti au catholicisme, il est l'un des premiers Chevaliers du Saint-Esprit. En 1578 il épouse Françoise de Clermont, vicomtesse de Tallard. Leurs descendants possèdent le duché d'Uzès jusqu'à la Révolution.

En janvier 1725, le duc Charles Emmanuel de Crussol épouse Emilie de la Rochefoucault-Rocheguion, princesse de Marcillac. Sa constitution dotale atteint 700,000 livres ! Leur fils François-Emmanuel s'allie en 1753 à Madeleine Julie Victoire de Pardailhan de Gondrin d'Antin. Elle apporte 400,000 livres ! Enfin en 1777, le duc d'Uzès épouse Amable Emilie Gaucher, duchesse de Châtillon qui bénéficie d'un capital de 350,000 livres ! Outre leurs dots colossales, les duchesses héritent ensuite de leur famille ou de parents éloignés!

Ces sommes indiquent le plus souvent la valeur des biens fonciers. L'enrichissement de la famille d'Uzès est sans précédent au XVIIIe siècle. L'alliance avec cette lignée est visiblement très prisée par les plus anciens lignages de la noblesse française. Malgré ce prestige, l'autorité du duc est remise en cause par l'évêque d'Uzès. Ce dernier prétend avoir la suzeraineté sur la ville et sur le consulat. Des siècles de progrès rendent compte de cette lutte pour le pouvoir, particulièrement violente. Le duc, longuement soutenu par la communauté protestante, refuse la domination épiscopale. Les procès prennent fin en 1763, date à laquelle un accord est conclu.

 

Extrait de l'article de Jean-Christophe GALANT, avec l'autorisation du S.H.U article paru dans le bulletin n° 30